Non au fichage des lycéens : l’école n’est pas un auxiliaire de police !
Les révélations publiées par Nice-Matin sur la transmission aux chefs d’établissement de listes de lycéennes et lycéens interpellés lors des blocus d’octobre soulèvent de graves inquiétudes.
Cette démarche pose une question fondamentale : l’Éducation Nationale doit-elle devenir un relais des services de police dans le suivi et la répression des mouvements sociaux ?
Une interpellation ne vaut pas condamnation. Une garde à vue ne constitue pas une preuve de culpabilité. La participation réelle ou supposée à un blocus ou à une manifestation ne saurait justifier la constitution de fichiers nominatifs ni faire peser une suspicion sur les élèves concernés.
La transmission d’informations issues de procédures judiciaires, notamment lorsqu’elles sont encore en cours, soulève également de sérieuses questions au regard du secret de l’enquête, de la présomption d’innocence et de la protection des données personnelles.
Les procédures disciplinaires doivent rester indépendantes des procédures pénales. Toute sanction doit reposer sur des faits établis, être individualisée et respecter les droits de la défense.
L’école a pour mission d’instruire et d’émanciper, non de surveiller les engagements citoyens de la jeunesse. Manifester est un droit. Les lycéennes et lycéens ont le droit de s’exprimer, de contester et de se mobiliser. Ces libertés fondamentales ne doivent pas devenir des motifs de suspicion et de sanction.
Tous citoyens demande que toute la lumière soit faite sur ces transmissions : qui les a ordonnées, sur quel fondement juridique, à quelles fins et avec quelles garanties ?
Nous refusons que l’école devienne un instrument de fichage et de contrôle des jeunes qui exercent leur citoyenneté.
Nous refusons qu’aux interpellations policières s’ajoutent des sanctions disciplinaires et que les lycéennes et les lycéens soient victimes d’une double peine.
Nice, le 5 novembre 2026
Association Tous citoyens !

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