mardi 19 décembre 2023

Quand le Département 06 met à la rue des jeunes exilé-es en attente de soins…

 

Communiqué de presse de l’association Tous citoyens :

Quand le Département 06 met à la rue des jeunes exilé-es en attente de soins…

 

A l’heure où l’on débat du maintien, de la réduction ou de la suppression de l’Aide Médicale d’Etat, nous sommes confrontés, à Nice, à la mise à la rue par le Département des Alpes-Maritimes de jeunes exilé-es malades ou ayant besoin de soins.

Nos bénévoles sont allés à la rencontre d’Amadou[1], déclaré majeur par le Département 06. Il arrivait à peine à marcher, seul, avec ses béquilles et un pied inerte. Amadou a été blessé lors de son sauvetage en méditerranée et a subi une rupture du tendon au mollet. Lors de sa mise à l’abri les éducateurs l’ont amené à l’hôpital qui a prescrit une greffe du tendon et programmé son opération. Mais le Département l’a évalué majeur et remis à la rue sans attendre qu’il puisse être opéré. Nos bénévoles l’ont hébergé et à nouveau amené à l’hôpital. Un recours au tribunal pour enfants a permis un second placement provisoire et sa greffe du tendon. Amadou attend son audience et espère être reconnu mineur grâce à ses documents d’état civil originaux arrivés depuis.

Nos bénévoles ont également pris en charge Aïssa, jeune fille victime de violences sexuelles, enceinte, mise à la rue elle aussi. Aïssa a été déclarée majeure par le Département 06 car elle n’avait pas de documents d’état civil. Nos bénévoles l’ont hébergée et amenée de nombreuses fois à l’hôpital pour sa grossesse. Aïssa est désormais maman et, après recours au tribunal pour enfants, placée à titre provisoire. Elle attend elle aussi son audience pour prouver sa minorité.

Nos bénévoles ont été appelés pour Younoussa, jeune guinéen qui sortait de l’hôpital pour une embolie pulmonaire. Les médecins avaient prescrit du repos, une surveillance de son état de santé (présence ou non de sang dans les crachats) et donné des bandages de contentions pour ses jambes à renouveler régulièrement. Le Département 06 l’a déclaré majeur et l’a remis à la rue, seul, pendant la phase d’observation post opératoire. Nos bénévoles ont accompagné Younoussa dans son suivi médical et l’hébergent depuis deux mois. Il attend lui aussi son audience au tribunal pour enfants.

Nos bénévoles ont également vu Fousseni, un jeune avec plusieurs dents arrachées, remis à la rue avant son rdv aux urgences dentaires pour retirer les fils, sans savoir où avait lieu ce rendez-vous ni comment s’y rendre. Nous n’avons pas pu héberger Fousseni faute de place chez nos bénévoles et nous avons perdu sa trace.

Dans plus de 50 % des cas les jeunes déclarés majeurs et remis à la rue par le Département 06 que nous accompagnons dans leurs procédures sont finalement reconnus mineurs par le tribunal pour enfants.

Comment le Département 06 peut-il, en toute inhumanité, remettre à la rue des jeunes exilé-es potentiellement mineur-es, ayant besoin de soins ? Une jeune fille enceinte ? Des garçons en attente d’une greffe du tendon, du retrait de fils après une opération ou convalescent après une embolie pulmonaire ? Ces pratiques sont indignes d’une collectivité territoriale en charge de l’action sociale et de la protection de l’enfance.

Nous demandons expressément à Charles-Ange Ginesy, président du Département des Alpes-Maritimes, de ne pas laisser ses services mettre à la rue des jeunes filles enceintes et des jeunes exilé-es vulnérables ayant besoin de soin médicaux.

 

Nice, le 19.12.2023

Association Tous citoyens



[1] Les prénoms ont été modifiés.

lundi 27 novembre 2023

Défense du droit de manifester à Nice

 

Communiqué de presse de l’association Tous citoyens :

Défense du droit de manifester à Nice

 

L’acharnement du préfet des Alpes-Maritimes, Hugues Moutouh, à vouloir interdire les manifestions à Nice pour la paix entre israéliens et palestiniens interroge : ses cinq derniers arrêtés ont tous été cassés par le tribunal administratif de Nice. A chaque fois le tribunal administratif constate que les arrêtés du préfet portent « une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale », le droit de manifester.

Nous sommes en conséquence devant un phénomène paradoxal : le préfet, représentant de l’Etat dans le département, est le garant de l’état de droit. Il est rappelé à l’ordre par la justice qui lui notifie explicitement que l’une de ses décisions est contraire au droit. Tout préfet devrait alors se conformer au droit. Or le préfet Moutouh, lui, récidive… à quatre reprises ! Cela veut dire qu’à quatre reprises il décide de prendre sciemment une décision qu’il sait être contraire au droit.

Pourquoi le préfet Moutouh s’entête-t -il à porter atteinte à une liberté fondamentale ? Ses nombreuses déclarations dans la presse font apparaître une raison d’ordre idéologique : il a déclaré, le 7 novembre, que « les manifestations qui sous couvert d’être des manifestations pour la paix et pour le peuple palestinien ne sont que des appels à la haine contre les autres et notamment contre les juifs de France et d’Israël. »

Nous rappelons au préfet des Alpes-Maritimes que :

  1. L’opposition à la politique colonialiste du gouvernement de Benyamin Netanyahou n’est pas de l’antisémitisme. Il s’agit de lutter contre l’oppression subie par le peuple palestinien, de défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de défendre les droits de l’Homme.
  2. Manifester pour la paix, la protection des civils israéliens et palestiniens, et l’application des résolutions de l’ONU tendant à la création de deux états autonomes, c’est défendre la position officielle de la France. Cette position a été réaffirmée avec constance par les présidents de la Républiques françaises successifs, et récemment par Emmanuel Macron.
  3. Le préfet est, comme tout fonctionnaire, astreint au principe de neutralité et au devoir de réserve : il ne doit pas tenir de propos à caractère purement idéologique ou partisan.
  4. Le préfet est le garant du respect des lois et de l’état de droit, il ne doit pas porter sciemment atteinte à des droits fondamentaux.
  5. Manifester un droit fondamental. La liberté d’expression, y compris sur la voie publique, est l’une des modalités d’exercice de la citoyenneté. Manifester est un acte citoyen qui fait vivre la démocratie.

 

Nice, le 28 novembre 2023

Association Tous citoyens

mardi 21 novembre 2023

Appel à solidarité !

Bonjour,

Mohamed G., un jeune burkinabé de 16 ans dort à la rue à Nice depuis 5 nuits.

Son acte de naissance original est arrivé du pays 4 jours après sa remise à la rue par le Département des Alpes-Maritimes qui n'a pas voulu attendre et l'a déclaré majeur, précisément parce qu'il n'avait pas... d'acte de naissance.

Nous allons l'aider à déposer un recours au tribunal pour enfants.

Qui pourrait l'héberger pour lui éviter la rue ?

Il est épuisé et a besoin d'un toit, d'un répit, et d'un peu d'humanité.

Aider, c'est résister !

Solidairement,

jeudi 16 novembre 2023

Appels à hébergements !

Bonjour

Mohamed est un jeune guinéen qui aura 18 ans le 2 décembre prochain et que nous accompagnons dans sa demande de titre de séjour. Il est en apprentissage restauration et travaille zone piétonne à Nice.

Mohamed finissant souvent le travail à 23h, nous sommes à la recherche d'un hébergement solidaire à Nice, en centre ville, ou proche d'un arrêt de tram. Mohamed est un garçon très sérieux et discret.

Abi est une jeune ivoirienne de 15 ans que l'association Tous Citoyens accompagne dans son recours devant la juge des enfants à Nice pour faire reconnaître sa minorité.

Nous cherchons pour elle un hébergement solidaire pour l'accueillir le temps de sa procédure.

Merci pour eux.

L'association Tous citoyens

jeudi 9 novembre 2023

"Sol mineur", une soirée à la Zonmé

 

"Sol mineur"
Une soirée à la Zonmé


Comment faire entendre à ceux qui n'y étaient pas ce que furent ces heures passées à la Zonmé, ce dimanche 5 mai, de 16h à 23h, à l'invitation du collectif d'artistes les Don Quichotte de la Riviera ?

Il faudrait peut-être commencer par la fin. Ce moment où les quatre musiciens de Cara se lancèrent avec Beau Aime dans une mélopée lancinante célébrant les droits des enfants : Considérant que l'humanité se doit de donner à l'enfant le meilleur d'elle-même.... La musique tournait. Les mots tournaient. Violon, guitares, d'autres musiciens vinrent se joindre au groupe. Toute l'assemblée tournait, s'engouffrant dans ce rêve d'un monde propice aux enfants. A l'avenir. Jusqu'à ce que, à force de répétition, une sorte de transe musicale s'emparât de l'assemblée qui fit corps au seul motif de la cause des enfants.

Les Don Quichotte avaient intitulés l'événement "Sol mineur". Solidarité avec les mineurs. Et en particulier ceux, étrangers, exilés, qu'accompagne Tous citoyens !

Plusieurs d'entre eux étaient là accompagnés des personnes qui les hébergent. De nombreux bénévoles de l'association se mêlant à ceux qui étaient venus là pour fêter ces deux mots : enfant, solidarité.

C'est d'ailleurs avec les enfants présents, manière de donner le ton, que tout avait commencé, la clown Bidouille Gribouille attisant leur ingéniosité. Puis vinrent les mots contés par Muriel Revollon. Et les musiques qui s'enchainaient : Aurore ILLIEN, REZO.T, le groupe Un Giro Me Lu Vielhs, Kawalight, Beau Aime, Demba, Dina. Tout au long de la soirée, la fresque participe tendue dans l'entrée de la Zonmé se nourrissait de nouveaux traits, de nouvelles couleurs.

A un moment, Un Giro Me Lu Vielhs reprit la chanson autrefois interprétée par Mauris. Siu viu. Je suis vivant. Et chacun put comprendre pourquoi il était là. Etre vivant. Rester vivant. Malgré.

Au gré de la soirée les bénévoles de Tous citoyens ! purent présenter le travail de l'association. Les difficultés. Les défis. Les besoins. De nouveaux bénévoles proposèrent leur concours pour les temps à venir. A la fin de la soirée les Don Quichotte pouvait remettre à Tous citoyens ! la somme de 1200 € ce qui, pour une association qui n'a aucune subvention, représente beaucoup.

Merci aux Don Quichotte. Merci aux artistes. Merci à Edwige et Sylvia qui, avec le concours de Jérôme et Philippe, ont tout manigancé. Merci à la Zonmé qui a accueilli cette joie.

Si, comme nous le répétons, "aider c'est résister", il est des moments où cette aide et cette résistance se font par la musique partagée.

Restez vivants ! avait lancé Edwige Fourcou.

Nous y étions.





lundi 25 septembre 2023

Opération "fournitures scolaires" 2023 : 701 enfants aidés !


Opération "fournitures scolaires" 2023 : 701 enfants aidés !



Grâce à vos dons et à l'énergie des bénévoles, 701 enfants ont reçu cette année un kit de fournitures scolaires de base.

C'est une formidable chaîne de solidarité qui a permis que ces enfants aillent à l’école dans de meilleures conditions et avec du matériel pour apprendre.

Nous remercions l'ensemble des donatrices et donateurs et l'ensemble des bénévoles associatifs et des militant-es politiques qui se sont mobilisé-es pour aider ces enfants démunis. Nous remercions la FSGT 06 qui a mis à disposition ses locaux et a rendu possible cette belle opération.

L'augmentation du nombre d'écoliers aidés est, par contre, alarmante : 315 enfants aidés en 2021, 510 en 2022, 701 en 2023.

Comme le rappelle la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), que la France a ratifiée, le droit à l’éducation est un droit inconditionnel.

L'école publique française doit devenir réellement gratuite pour toutes et tous. L'allocation de rentrée scolaire devrait, ainsi, être accessible à tous les enfants inscrits à l'école, avec ou sans papiers.

Les inégalités sociales perdurent à l'intérieur de nos écoles. Nous invitons les maires des communes des Alpes-Maritimes à distribuer des fournitures scolaires aux enfants démunis, comme c'est déjà le cas dans plusieurs villes de France.


Solidairement,

ADN, Cent Pour Un 06, EELV Nice, la France Insoumise 06, Habitat et citoyenneté, RESF 06, Roya citoyenne et Tous citoyens

mardi 12 septembre 2023

Nice : les pouvoirs publics doivent mettre les jeunes exilés à l’abri



Communiqué de presse :

Nice : les pouvoirs publics doivent mettre les jeunes exilés à l’abri



La situation des Mineurs Non Accompagnés (MNA) à Nice est catastrophique : selon un protocole passé par les autorités, tout jeune qui souhaite demander la protection de l’enfance doit se rendre au commissariat Auvare à Nice. Or ce commissariat, saturé, refuse de faire entrer les jeunes exilés en leur disant de revenir le lendemain.

Une trentaine de jeunes dorment à la rue dans des conditions sanitaires déplorables : sans eau, sans nourriture, sans duvet, sans sanitaires ni douches. Plusieurs associations et des habitants du quartier leur viennent en aide et tentent de pallier les carences des pouvoirs publics.

Depuis mi-août :

- 115 jeunes connus par les associations ont subi un refus de guichet au commissariat. Ils doivent être en réalité beaucoup plus nombreux.

- 25 jeunes seulement, sur ces 115, ont été pris en charge grâces aux informations préoccupantes envoyées, aux recours au tribunal administratif et au tribunal pour enfants. Les recours au tribunal pour enfants viennent de permettre la mise à l’abri de 14 de ces 25 jeunes.

Nous sommes sans nouvelle de nombreux jeunes dont une grande partie, faute de prise en charge par les pouvoirs publics, ont vraisemblablement repris leur errance.

Les différentes institutions se renvoient la balle, or elles doivent agir :

- Nous demandons l’arrêt de l’application du protocole d’accord obligeant les jeunes exilés à se rendre au commissariat Auvare. Le Département des Alpes-Maritimes peut, comme d’autres Départements le font en France, ouvrir ses locaux aux MNA primo-arrivants. Un jeune doit pouvoir se rendre dans une Maison des Solidarités Départementales (MSD) et être accueilli par un travailleur social et non par un policier.

- Nous demandons aux différentes institutions, Préfecture, Département et Ville de Nice, de se coordonner et de travailler ensemble, de la même manière qu’elles l’avaient fait pour l’accueil des Ukrainiens. Nous leur demandons d’ouvrir d’urgence des structures d’accueil temporaires pour ces jeunes exilés.

- Le préfet, tant que le Département ne vient pas chercher les MNA dans ses locaux, peut les mettre à l’abri dans les différents commissariats du département et pas seulement à Auvare qui est saturé. Il peut également prendre l’initiative d’ouvrir des structures d’accueil temporaires.

- La prise en charge des MNA est la compétence légale du Département. En plus d’ouvrir des structures d’accueil temporaires, le Département 06 doit au plus vite créer des structures d’accueil pérennes supplémentaires et recruter le personnel qualifié nécessaire.

- Le maire de Nice peut lui aussi ouvrir des structures d’accueil temporaires. Même si l’obligation légale incombe au Département, il peut faire preuve d’humanité et ne pas laisser ces jeunes à la rue.

Les jeunes exilés ont subi des violences dans leur pays d’origine et durant leur migration : coups, sévices, travail forcé, viols, conflits armés, naufrages en méditerranée, etc. Ils ont besoin d’une prise en charge adaptée, de soins et d’un suivi psychologique post-traumatique. Au lieu de cela ils sont, à Nice, laissés à la rue.

Bénéficier de la protection de l’enfance est un droit !


Nice, le 13 septembre 2023

Signataires : la Cimade 06, Habitat et citoyenneté, le Syndicat des Avocats de France, Tous citoyens

mercredi 30 août 2023

Distribution de fournitures scolaires : on continue !

Bonjour,

Grâce à vos dons et à la belle énergie des bénévoles, 392 enfants démunis ont reçu aujourd'hui un kits de fournitures scolaires de base !

Nous continuons samedi avec une nouvelle distribution de 14h à 17h, toujours à la FSGT, 27 rue Smolett à Nice.

Les stocks sont vides et nous devons refaire des achats. N'hésitez pas à contribuer ! https://www.helloasso.com/.../distribution-de-fournitures...










Solidairement, 

Tous citoyens !

lundi 28 août 2023

Distribution de fournitures scolaires pour les enfants démunis !

 Bonjour,

Chaque année des enfants démunis vont à l’école mais n’ont pas les fournitures scolaires demandées. Leurs parents, souvent sans papiers ou demandeurs d’asile, ne perçoivent pas l’allocation de rentrée scolaire et ne peuvent acheter le matériel scolaire nécessaire pour la rentrée. Dès le premier jour de classe, ils se sentent déclassés.


Les associations ADN, Cent Pour Un 06, Habitat et citoyenneté, Roya citoyenne, Tous citoyens, le Réseau Education Sans Frontière 06, la France Insoumise 06 et EELV Nice organisent pour eux une collecte et distribution solidaires de fournitures scolaires.

L'an dernier vos dons ont permis à 510 enfants de recevoir un kit de base de fournitures (cartable, trousse, cahier, stylo, crayon, feutres, gomme, règle, etc.).

Vous pouvez faire un don en ligne ici qui permettra d’acheter des fournitures neuves et de les distribuer aux enfants : 


- Par virement sur le compte de "Tous citoyens" en mentionnant "fournitures scolaires" en commentaire : IBAN : FR76 1027 8089 5400 0209 8720 133 - BIC : CMCIFR2A

Les fournitures scolaires seront distribuées aux enfants au local de la FSGT, 27 rue Smolett à Nice :
- le mercredi 30 août de 10h à 17H
- le samedi 2 septembre de 14h à 17h


Solidairement,

ADN, Cent Pour Un 06, EELV Nice, la France Insoumise 06, Habitat et citoyenneté, RESF 06, Roya citoyenne, Tous citoyens

vendredi 25 août 2023

Mineur·es isolé·es à Menton et Nice : enfermements, refoulements illégaux et absences de prises en charge


Mineur·es isolé·es à Menton et Nice :

Enfermements, refoulements illégaux et absences de prises en charge


La situation des Mineur·es Non Accompagné·es (MNA) dans les Alpes-Maritimes se dégrade à nouveau et de nombreux·ses jeunes subissent des traitements inadmissibles.

À Menton :

De nombreux·ses jeunes se déclarant mineur·es sont refoulé·es en Italie de façon totalement illégale alors qu’ils et elles doivent être admis·es systématiquement et sans délai sur le territoire français. C’est à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), service du Département 06, de procéder ensuite à leur évaluation de minorité, et non aux forces de l’ordre. Or ces jeunes sont refoulé·es par la police sans évaluation préalable par l’ASE. De nombreux témoignages font état de fausses dates de naissance enregistrées par les policiers pour justifier ces refoulements. De plus des mineur·es sont refoulé·es avec une Obligation de Quitter le Territoire Français et une Interdiction de Retour sur le Territoire Français sans être informé·es de leurs droits, ce qui rend toute contestation très difficile et constitue une atteinte grave à leurs droits.

Comme en avril dernier, des mineur·es sont enfermé·es dans les locaux de la Police Aux Frontières (PAF) dans l’attente que le Département 06 vienne les chercher. 68 mineur·es étaient enfermé·s ce lundi 21 août, dans des locaux totalement inadaptés et dans des conditions sanitaires déplorables : en pleine canicule, entassé·es, dormant à même le sol avec uniquement un lavabo et un WC. Ils et elles étaient jusqu’à 78 le 23 août ! Plusieur·es mineur·es ont été privé·es de liberté durant 3 à 5 jours ce qui constitue une violation manifeste de la convention internationale des droits de l’enfant dont la France est signataire.

Actuellement de nombreux·ses jeunes seraient encore détenu·es en toute illégalité dans les locaux de la PAF, sans avoir accès ni à un·e avocat·e, ni à un·e traducteur·ice. D’autres sont évacué·es et livré·es à eux·elles-mêmes, sans aucune prise en charge.

À Nice :

Les MNA sont contraint·es de se rendre au Commissariat Auvare pour demander la protection de l’ASE. Les temps d’attente pour certain·es jeunes au service du « Quart » d’Auvare se sont prolongés jusqu’à 25h sans manger, avant qu’un·e éducateur·ice ne vienne les chercher. Désormais, le commissariat ne laisse même plus entrer les mineur·es : sous prétexte d’être saturé et de ne pouvoir ouvrir de nouveaux locaux, les jeunes sont priés d’attendre dans le jardin public voisin, et de revenir le soir ou le lendemain. Le 23 août, une dizaine d’entre eux·elles attendaient leur prise en charge, certain·es dormant dehors depuis plusieurs jours. Beaucoup partent sans pouvoir faire valoir leur droit à la Protection de l’enfance.

À Nice, c’est désormais la police qui empêche les MNA d’être placé·es : en ne les laissant pas entrer, les signalements de « mineur·es en danger » ne sont pas envoyés au procureur et à l’ASE qui ne sont même pas informés de leurs situations.

Le traitement des MNA par les forces de l’ordre dans les Alpes-Maritimes est inadmissible. La police manque à ses obligations légales envers ces personnes vulnérables, tout comme le Département 06 qui ne vient pas les chercher dans les locaux de la police dans des délais suffisamment rapides pour une mise à l’abri. Les délaissements de mineur·es et la non-assistance à personne en danger sont manifestes.

Rappelons que déjà en 2018 fut déposé légalement, en 18 pages, auprès du procureur de Nice, par des associations, un signalement d’exactions du type de celles que nous citons aujourd’hui … qu’un an après le même procureur classait sans suite !

Nous demandons la prise en charge effective de tous les Mineur·es Non Accompagné·es, l’arrêt immédiat des refoulements en Italie sans évaluation préalable et réglementaire par l’ASE, et l’arrêt des enfermements abusifs au poste frontière.

Nous demandons le respect intégral de la convention internationale des droits de l’enfant dans le département des Alpes-Maritimes.

Signataires : Alliance des avocats et praticiens du droit des étrangers pour la défense des droits fondamentaux (Alliance-DEDF) – Les Amis de la Roya - Emmaüs Roya - Habitat et citoyenneté - La Cimade 06 - La Talpa e l’Orologio - Ligue des Droits de l’Homme (LDH) Provence Alpes Côte D’Azur – Médecins du Monde PACA – Médecins du Monde Italie - Médecins Sans Frontière Italie - Non una di meno Ponente Ligure - No name Kitchen - Progetto 20K - Réseau Education Sans Frontière (RESF) 06 - Roya citoyenne - San Remo solidale - Secours Catholique - Syndicat des Avocats de France (SAF) - Tous citoyens ! - WeWorld Onlus  













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samedi 12 août 2023

Appel à solidarité !

Bonjour,


Plusieurs jeunes filles et jeunes garçons que notre association accompagne, et dont les procédures sont en cours au tribunal pour enfant ou à la cour d'appel pour obtenir la protection de l'enfance, ont besoin d'un hébergement solidaire pour ne pas se retrouver à la rue.

Nous recherchons un toit pour :

- Mariam du 13 au 14 août
- Mariam à partir du 21 août
- Abi à partir du 21 août
- Mohamed S. à partir du 27 août
- Mohamed K. à partir du 27 août

Faute de prises en charge par les institutions, nous devons trouver plusieurs hébergements solidaires successifs. Même si vous ne pouvez pas héberger longtemps, pour eux, chaque nuit à l'abri compte !

Contactez Murielle au : 06.65.50.20.49

Solidairement

L'équipe de Tous citoyens !