lundi 7 août 2017

Ouverture de l'Hôpital Saint Roch aux réfugiés : lettres ouvertes au Maire de Nice et au Directeur Général du CHU

La pétition en ligne pour l'ouverture de l'hôpital Saint Roch à Nice aux demandeurs d'asile a récolté plus de 1500 signatures (lire ici).

La Ville de Nice a fait avoir, par voie de presse, qu'elle n'était pas encore propriétaire des lieux et que l'hôpital appartenait encore au CHU.

Vous trouverez ci-joint, en conséquences deux courriers adressés ce jour à leur destinataires respectifs : le premier au Directeur Général du CHU, le second au Maire de Nice et Président du Conseil de surveillance du CHU de Nice.



mercredi 2 août 2017

"Un toit pour tous !" Mobilisation face à la dégradation des conditions d’accueil et de prise en charge des demandeurs d’asile dans les Alpes-Maritimes

Mobilisation citoyenne et conférence de presse
UN TOIT POUR TOUTES ET TOUS : UN DROIT, PAS UN PRIVILEGE !
 Dans la nuit du 4 Août 1789, le peuple français décidait d’abolir les privilèges. Ce qui n’était un droit que pour les nantis devenait un droit pour tous…
Droit à la sûreté, à la liberté… Depuis, d’autres droits ont été reconnus par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme en 1948 : liberté de circulation (art.13), droit d’asile (art.14). « Droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement (art. 25-1), droit à l’éducation (art. 26 1)»…
Mais que constate-t-on à NICE et dans le 06 ? Ces droits élémentaires sont bafoués au quotidien par ceux là même qui doivent les faire appliquer !
C’est ainsi que la Préfecture et l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration), maintiennent au moins 30 familles – soit environ 200 personnes, nourrissons, enfants, femmes enceintes, personnes âgés, malades – à la rue durant des mois, sans nourriture, sans soins, dans l’insécurité. Alors que leur demande d’asile doit être enregistrée dans les 3 jours, au pire dans les 10 jours – début de la prise en charge sociale – les familles ne sont convoquées, pour certaines, que 1 à 2 mois plus tard ! En attendant, quoi qu’il en soit, ces personnes relèvent de l’URGENCE SOCIALE (art.L345-2-2 du CASF), sous la responsabilité du Préfet, qui via le 115 rejette les demandes, faute de places ou par manque de volonté politique.
Face à cette pénurie d’hébergements d’urgence, le Préfet peut ouvrir des gymnases (non occupés durant les vacances scolaires), il peut réquisitionner (ancien hôpital St Roch), mais il ne fait RIEN !
Traiter humainement ces personnes provoquerait il un « appel d’air » ? Le Défenseur des Droits répond : « L’appel d’air, ça n’a aucun sens, la migration, c’est une fuite, pas la quête d’un Eldorado ».      Le Préfet espère-t-il, comme la mairie et le Conseil départemental, que ces personnes, écœurées, partiront d’elles même ? Mais pour aller où, sans argent, sans connaissances, sans maîtrise du français ?
Au XXIème siècle, nous refusons qu’avoir un toit pour dormir, de quoi se nourrir et se soigner, redevienne un privilège alors que c’est un DROIT reconnu à tout être humain et que notre société « doit agir dans un esprit de fraternité » (art.1).
Aussi, nous demandons instamment au Préfet (et nous l’y contraindrons si nécessaire):
  • Que les demandes d’asile soient enregistrées dans les plus brefs délais (définis par la loi) ;
  • Que ces familles, ainsi que tous les demandeurs d’asile, soient pris en charge au plus tôt par le dispositif d’accueil et d’orientation (ATSA, CADA, CAO, HUTA);
  • Que des gymnases (ou tout local pouvant héberger dignement) soient ouverts pour accueillir toute personne à la rue;
  • Que les locaux vides soient réquisitionnés pour faire face à l’urgence sociale ;
  • Que le Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile (CADA) programmé depuis des années soit enfin construit dans l’ouest du 06 ;
  • Qu’un Centre de premier accueil et de répit soit ouvert aux arrivants.
Mobilisation citoyenne et conférence de presse
Vendredi 04 août 
à partir de 10h,devant l’OFII, 208 route de Grenoble à NICE.
 Premiers signataires : ADN, la Cimade 06, Ensemble! 06, EELV 06, Habitat et citoyenneté, la Ligue des Droits de l’Homme 06, Médecins du monde, le MRAP 06, le PCF 06, le Réseau Education Sans Frontière, Roya citoyenne, le Syndicat des Avocats de France, le Syndicat de la Magistrature (section du TGI de Nice), Tous citoyens !

samedi 22 juillet 2017

Aspects de la désobéissance civile, par Florence Albrecht-Desestré

Nous publions ici l'intervention de Florence Albrecht-Desestré, professeur de philosophie, lors du débat citoyen organisé par notre association le 2 juin 2017, à Nice, sur le thème "Désobéissance civile : penser, agir, l'exemple de la Roya" 


ASPECTS DE LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE
Florence Albrecht-Desestré
INTRODUCTION
On fait généralement remonter l’expression « désobéissance civile » à Henri-David Thoreau (1817-1862). Son ouvrage le plus célèbre, Resistance to civil government (1849), fut en effet retitré après sa mort par l’éditeur en Civil Disobedience sur la base de la correspondance de l’auteur ; d’où ce titre, fréquent dans la traduction française : La Désobéissance civile. Thoreau refusa, six années durant, de payer la part de l’impôt destinée à financer la guerre contre le Mexique en vue de l’annexion du Texas, et passa pour cela une nuit en prison. Il s’opposait en outre à la politique esclavagiste des États du Sud, au traitement injuste envers les indigènes et inspira de la sorte Gandhi et Martin-Luther King. Dans l’histoire de la désobéissance civile, il constitue un point de repère inévitable et tout à la fois controversé.
Obéir, c’est selon l’étymologie prêter l’oreille à (audio) ce qui se tient en face (ob) et, par extension, y conformer sa conduite. L’obéissance à la loi est le fondement de l’État de droit en ce qu’elle libère de l’arbitraire des hommes[1]. Désobéir c’est passer outre, ne pas faire ce que la loi exige ou, positivement, se mettre en contradiction manifeste avec elle. On en saisit aisément la portée dans une dictature. Mais dans un État garantissant les libertés fondamentales, y compris la résistance à l’oppression en tant que droit naturel et imprescriptible[2], comment la justifier ? L’enfant, le capricieux, le délinquant, la personnalité caractérielle certes désobéissent, ou encore celui qui n’« entend » pas la loi du fait de sa situation extraordinaire, handicap ou ermitage… Mais les autres, pourquoi ne passeraient-ils pas par les voies légales prévues ? Or le désobéissant n’est rien de tout cela ; il ne peut simplement pas « consentir » et les voies légales ne répondent pas à une urgence, celle du fameux « état de nécessité » mais aussi, au-delà de la réponse à une détresse évidente et actuelle, à l’urgence morale, intellectuelle et politique. Urgence vitale, à laquelle ne saurait satisfaire le résultat d’un vote[3], tandis que les voies légales aboutissent bien souvent à une fin de non-recevoir pour des raisons structurelles[4]. Du coup, obéir serait agir sans conscience, ce que ne peut légitimement commander l’État de droit, la République, a fortiori la démocratie. Certains taxent la désobéissance civile d’impuissance par opposition à des formes plus radicales, telles que l’insurrection ; d’autres l’accusent de saper les fondements de la démocratie dans la mesure où elle se déploie hors du système représentatif, à la différence de la grève, de la manifestation, du lancement de pétitions. Est-elle un pis-aller, un coup dans l’eau, une inconscience politique dangereuse ? Ou à l’inverse interroge-t-elle, jusqu’à leur mise en crise mais pour leur pleine santé, le politique et les institutions issues du pouvoir instituant du peuple ?
Je partirai de la définition de la désobéissance civile que donne le philosophe John Rawls dans sa Théorie de la justice (1971) ; définition qui ne vaut, souligne l’auteur, que « dans le cadre d’un État démocratique plus ou moins juste pour des citoyens qui reconnaissent et admettent la légitimité de la constitution ». Je tâcherai de mettre cette définition à l’épreuve[5], avant de proposer une autre approche impliquant une redéfinition de ce qu’on appelle « démocratie ».

I) Quels critères de la désobéissance civile ?
Nous intéressent ici non les classifications elles-mêmes mais les différences historiquement et socialement construites qui existent entre elles, donc le signifiant « désobéissance civile » par rapport à d’autres signifiants.
John Rawls propose la définition suivante de la désobéissance civile : « un acte public, non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement ». Il ajoute qu’« en agissant ainsi, on s’adresse au sens de la justice de la majorité de la communauté et on déclare que, selon son opinion mûrement réfléchie, les principes de la coopération sociale entre des êtres libres et égaux ne sont pas actuellement respectés. »[6] La désobéissance peut être directe, ainsi de l’occupation par les Noirs d’espaces qui leur sont interdits sous l’impulsion de Martin-Luther King, ou indirecte comme dans le cas des sit-in, la loi enfreinte n’étant pas forcément celle contre laquelle on proteste.
1.1. Caractère « contraire à la loi ». La désobéissance civile sort de l’ordinaire de l’activité d’opposition dans une démocratie ; ce n’est pas une protestation légale, une demande d’examen — serait-elle spectaculaire — de la loi au nom de la non-constitutionnalité. Dans ce dernier cas, elle commencerait après l’échec de cet effort ; quant à savoir si elle suppose que cet effort ait été préalablement accompli, c’est précisément en question. Dans le cas d’une protestation légale, le citoyen est censé continuer de se conformer aux ordres tant que l’affaire n’est pas jugée. Il ne s’agit pas non plus d’un retrait[ED1] , d’une démission liée à une résistance morale à l’ordre donné.[7]
1.2. Caractère « politique », pour « amener un changement dans la loi ou dans la politique du gouvernement » et avec mise en demeure de statuer juridiquement. C’est ce qui fait la force de la désobéissance civile, à la différence de la désobéissance criminelle, délinquance ou rébellion. Certains choisissent de s’appeler eux-mêmes « délinquants », pour souligner le caractère aberrant du regard porté sur eux au nom de la loi ou ses représentants. Qu’on songe au « Manifeste des délinquants de la solidarité » du 27 mai 2003 en faveur des immigrés sans papiers ou encore, très récemment, au collectif « Les délinquants solidaires ». Ce dernier, agissant en faveur des « migrants », pointe le fait que la délinquance est en réalité celle de représentants de l’autorité publique en infraction avec la loi parce qu’entravant le droit d’asile. Dans ce cas, la désobéissance n’est certainement pas « civile » au sens où s’est historiquement construite la notion mais bien plutôt criminelle. Les « délinquants solidaires » sont-ils alors des désobéissants civils, s’ils demandent « simplement » le respect de la loi ? Il semblerait que non. Néanmoins ne le sont-ils pas tout de même, dans la mesure où ils protestent contre un État qui laisse agir, voire est suspecté de protéger, malgré les condamnations, ces « représentants » ?
Dès lors, la désobéissance civile se démarque aussi, au sens strict, de la rébellion et de l’insoumission consistant, surtout dans le registre militaire comme d’ailleurs l’insubordination, dans le refus de reconnaître une autorité dont on dépend en tant que subordonné. Et pourtant là encore, le terme peut être repris pour un usage personnifiant ce à quoi l’on désobéit, « la finance » ou « le système » au-dessus des lois…, de sorte que le désobéissant peut bien se dire insoumis, qu’il soit ou non mélenchonien.
La distinction la plus flagrante opérée par Rawls est celle de l’obéissance civile et de l’objection de conscience, qui fait appel à des principes de moralité personnelle ou à des doctrines religieuses. De l’objection de conscience relèverait alors l’Antigone de Sophocle, qui enterre son frère Polynice au nom d’une loi non écrite et à l’encontre des lois de la cité représentées par Créon, ou encore les premiers chrétiens rejetant les injonctions romaines, le refus des Témoins de Jéhovah de porter le drapeau, des pacifistes de tenir une arme… Qu’en est-il alors de Thoreau et de son refus de payer ses impôts ? Selon Rawls, il s’agit précisément d’objection de conscience et non de désobéissance civile ; il est vrai que Thoreau insiste sur les motifs individuels.[8]
Enfin, la désobéissance civile ne défend pas les seuls intérêts d’un groupe. Critère d’une simplicité seulement apparente, car n’y a-t-il pas quelque risque à absolutiser l’intérêt général au nom d’une pureté revendiquée de l’intention ?[9]
1.3. Caractère de fidélité à la loi, corrélé au précédent. La désobéissance civile « exprime la désobéissance à la loi dans le cadre de la fidélité à la loi, bien qu’elle se situe à sa limite extérieure ».[10] Ainsi Thoreau, dans ce cas et contre l’avis de Rawls répondant au critère, n’a-t-il « jamais refusé de payer la taxe de voirie… ; quant à soutenir les écoles, je contribue à l’éducation de mes concitoyens ».[11] D’où, également, l’acceptation des conséquences légales de l’acte. Sur ce point encore, Thoreau : « Sous un gouvernement qui emprisonne les gens injustement, la place d’un homme juste est aussi en prison. »[12] Voilà qui distinguerait le désobéissant civil du « militant » ordinaire, mais aussi du « dissident » (du latin dis-sedere : « se séparer de » et « être assis »). Celui-ci se sépare, d’abord d’une doctrine ou d’un dogme puis d’une communauté politique ou idéologique, d’un parti… La désobéissance civile, elle, serait une « contestation » ou « opposition », « confrontation » avec un système en vigueur au sein duquel on se sait vivre. Ainsi du Socrate du Criton de Platon qui accepte la condamnation, les lois étant selon ses dires « expertes », et de l’attitude du même Socrate lors des deux situations de désobéissance relatées par Platon dans l’Apologie de Socrate[13]. La situation peut parfois faire de l’emprisonnement lui-même le but immédiat en tant que moyen d’exhiber un scandale ; ainsi, pour une action ne répondant par ailleurs guère aux critères rawliens, de José Bové en 1999 après le démontage du Mc Do de Millau. Ce critère de fidélité n’est-il cependant pas plus problématique si l’on considère, par exemple, le mouvement des droits civiques de Martin-Luther King ou l’action de Gandhi, qui visaient à un renversement très profond d’un système injuste appuyé sur des lois discriminatoires et oppressantes ?[14]
1.4. Caractère « public ». Selon Rawls, la désobéissance civile suppose un « préavis raisonnable (fair notice) » ; elle ne peut donc être ni cachée, ni secrète. La fairness, définition rawlsienne de la justice, suppose cette publicité et ce délai durant lequel viendront au jour des indices d’accord, ou de désaccord, de la « majorité » à l’égard des actions prévues. Sous-jacente, l’idée que les actions ne sont « raisonnables » que dans la mesure où ceux qui ont voté pour leurs représentants ne peuvent pas vouloir ce que le gouvernement se met à fomenter au nom du peuple ; le « sens de la justice de la majorité de la communauté » se trouve alors bafoué. Dès lors et derechef, exist du champ de la désobéissance civile Thoreau, qui attendit plusieurs années avant de rendre public son refus de payer ses impôts. Des actions telles que l’occupation d’une gare, le blocage d’un carrefour, qui supposent une certaine imprévisibilité, sortent également de ce champ, sans parler des agissements les hackers. Dans ces derniers cas, l’on reconnaît que dans un premier temps, la « majorité » effective, l’opinion publique, peut bien au contraire se sentir heurtée de ces projets et cela, sur une durée qui peut s’avérer indéfinie voire sans fin, et qu’il est bien plutôt fait appel à un sens de la justice à venir, porté par de petites minorités agissantes, parfois en attente d’un écho extranational plus que d’une adhésion nationale…[15]

1.5. Caractère « non-violent », étroitement lié au caractère public. En ce sens, Thoreau cesse d’être un désobéissant civil exerçant une résistance passive dès lors qu’il soutient John Brown, abolitionniste qui eut recours à l’insurrection armée[16]. Gandhi, avec la doctrine de l’ahîmsa, reprend de Thoreau la seule non-violence ; la résistance devient morale quand elle est non violente, la non-coopération avec le mal relevant d’un devoir sacré. La non-violence est une pratique, une discipline, qui a « pour condition préalable le pouvoir de frapper » selon Gandhi ; sa valeur consiste dans ce pouvoir et dans la force conjointe de se retenir. La désobéissance civile se distingue ainsi de la violence physique comme de celle, morale, de la propagande. Cependant, qu’est-ce que la violence ? Qu’en est-il de la grève de la faim, de l’immolation ? Est-ce ou non une violence envers soi-même et, psychologiquement, envers les autres ? Que penser de la dégradation de biens privés, ainsi de l’arrachage des plants transgéniques par les Faucheurs volontaires ? Selon Robin Celikates, s’arc-bouter sur la non-violence revient à prendre le risque d’être poussé insidieusement à l’inefficacité ; la violence peut, selon lui, être reconnue comme nécessaire dans certains cas, sans être pour autant légitimée. D’où le caractère délicat des justifications très générales selon lesquelles le système étant violent (ce qui est indéniable), je serais fondé(e) à casser des vitrines de banques ou à attaquer des CRS ; cela, sans qu’on puisse néanmoins exclure a priori le (dernier) recours à la violence dans des situations très particulières.
La construction de la notion de désobéissance civile, comme on l’a vu, est animée de tensions internes, de sorte que chacun de ses signes distinctifs se révèle discutable et susceptible d’entraîner des conflits, voire des scissions au sein des groupes en lutte. Nous sommes, il est vrai, partis d’un point de vue que l’on peut, avec Robin Celikates, appeler « libéral » et qui fait de la désobéissance civile « une forme de protestation venant d’individus dépositaires de droits fondamentaux envers les gouvernements et les majorités politiques qui transgressent les principes moraux et les valeurs garantis par la constitution ». Il se peut que cette définition rencontre dans les pratiques effectives une résistance, lorsque celles-ci tâchent de se penser elles-mêmes. Peut-on lui opposer un autre point de vue, que le même auteur appelle « radical démocrate » ?[17]
II) Quelle désobéissance civile pour quelle démocratie ?
De cet autre point de vue, la désobéissance civile n’est plus une « restriction » mais « l’expression d’une pratique d’auto-détermination collective », une forme « d’empowerment démocratique » visant à remédier aux « déficits » structurels inévitables des systèmes politiques existants.[18] Ces déficits démocratiques sont aussi ceux de la société elle-même, susceptible d’être assoupie par cette « dictature douce » contre laquelle mettait en garde Tocqueville, en 1835, dans De la démocratie en Amérique. Dès lors, la désobéissance civile concerne, contre Rawls, des minorités agissantes organisées unies par des convictions communes, conscientes de contredire la plupart du temps le sens majoritaire de la justice. Hannah Arendt dans son bref écrit intitulé « La désobéissance civile » déjà, loin d’une perspective farouchement révolutionnaire, martelait que « loin de procéder de la philosophie subjective de quelques individus excentriques, la désobéissance civile résulte de la coopération délibérée des membres du groupe tirant précisément leur force de leur capacité d’œuvrer en commun ».[19] Aussi adressait-elle d’ailleurs à Thoreau la critique de s’être tenu à l’écart de toute organisation sociale et de n’avoir pas répondu à la question : comment fonder un ordre politique ? Si le premier pas est celui du retrait d’obéissance à l’égard de la machinerie sociale, acte le plus personnel qui soit, tel que l’a exposé La Boétie dans le Discours sur la servitude volontaire en 1576 dans un contexte non démocratique, sa dimension politique s’épanouit dans le relais, les convergences qui organisent l’acte en collectif.
Les désobéissants civils, en ce sens, apparaissent comme pionniers et précurseurs d’un meilleur état de choses ; ou du moins, comme ceux par qui surgit le fil directeur d’une action possible à plus long terme. Les honnêtes gens poliment fustigés par Thoreau, qui croient faire quelque chose pour la justice en se contentant de voter mais jamais ne s’engageraient dans une démarche désobéissante, souvent les louent rétrospectivement de leur courage. Ainsi, le « Manifeste des 343 Salopes » du 5 avril 1971 dénonce l’injustice portée par la loi de l’époque interdisant l’avortement, lequel sera légalisé en 1975.[20] Le 5 juin 2004, Noël Mamère célèbre à Bègles le premier mariage entre deux hommes, à la suite d’une agression homophobe[21] ; la loi du 17 mai 2013 instaure le « mariage pour tous ». Qu’on pense aussi à l’arrachage de plants transgéniques par les Faucheurs volontaires, aux actions de la Fédération « Droit au logement »… Quant aux « désobéisseurs » de l’Éducation nationale qui, à partir de 2008 et sous l’égide d’Alain Refalo, refusent d’obéir aux instructions officielles et se mettent ainsi en rupture avec l’obligation d’obéissance hiérarchique…, aux agents de Pôle Emploi refusant de contrôler la régularité du séjour en France de demandeurs d’emploi…, tous ces désobéisseurs du service public protestent contre les risques liés à une gestion des affaires publiques conduite en termes de performance et de réalisation d’objectifs chiffrés, et veulent y faire réfléchir publiquement.[22]
John Dewey, dans une conférence de 1939, propose une approche de la démocratie ouvrant au point de vue « radical démocrate » sur la désobéissance civile. Il souligne la nécessité de raviver le sens de la démocratie, celui-ci n’allant plus de soi et ne pouvant se résumer aux urnes. Ce qu’on appelle « démocratie » n’est pas seulement quelque chose d’institutionnel et d’extérieur à soi mais une « manière personnelle de vivre », un mode de vie « régi par une foi agissante dans les possibilités de la nature humaine » ainsi qu’une « conviction », celle que « placés dans des conditions propices, les êtres humains sont capables de juger et d’agir intelligemment ». Enfin, la démocratie vit de la « foi personnelle en la collaboration quotidienne entre les individus », foi en « l’expérience » et en « l’éducation ». Dès lors, la démocratie est tout aussi bien une « méthode de connaissance » impliquant interactions et coopération, qui vit de tensions et de réajustements.
Telle était aussi l’intuition de Thoreau, quel que soit le nom choisi pour désigner sa démarche. Pour lui, la « destinée du pays » ne dépend pas du « type de bulletin » déposé dans l’urne, mais « du type d’homme que chaque matin vous déposez dans la rue. » La désobéissance civile engage ainsi un type de vie, et son mot d’ordre pourrait être : « Que votre vie agisse comme une contre-friction pour arrêter la machine. »[23]
En ce sens, les luttes sociales mais aussi les relations internes aux désobéissants impliquant désaccords voire ruptures ne sont pas seulement inévitables : elles sont salutaires, motrices et conditions de la démocratie.[24] La désobéissance comme exercice de la démocratie rappelle que les lois n’ont rien de sacré, dépourvues qu’elles sont de tout fondement extrapolitique[25]. La désobéissance mentale ouvre l’espace public comme lieu de l’action, traversée par le langage, et prélude à une désobéissance civile consciente de ses enjeux, donc aussi de ses limites. La désobéissance civile s’inscrit ainsi contre la propagande politique insidieuse, socialement relayée, et le silence mortifère, le mutisme de la pensée que cette propagande risque toujours d’induire.


CONCLUSION
La désobéissance civile, pour reprendre les termes de Manuel Cervera-Marzal[26], n’est fondamentalement (et sans exclusion des chemins de traverse empruntés) ni « anti-obéissance » soit désobéissance générale et systématique, ni « alter-obéissance » soit obéissance à un dogme quel qu’il soit opposé à la loi. En son sens le plus fort, elle est à la fois très large dans sa finalité, qui est celle de la démocratie elle-même, et très ciblée dans ses objectifs à la mesure de l’« urgence » à laquelle elle répond. Les désobéissants civils ont ainsi un rôle politique éminent de sauvegarde de l’État de droit et de vigies de la démocratie. Il y a bien, comme l’écrit Albert Camus dans L’Homme révolté, un « oui » au fond de l’homme qui dit « non », un refus qui va au-delà du coup d’arrêt vital pour ma seule personne. La désobéissance civile est alors une forme de révolte qui implique à la fois l’effort intellectuel de réflexion critique et le courage de l’action, le passage de l’affect à l’acte, de l’acte individuel à son déploiement en enjeu collectif ; expérimentale, elle doit le rester de même que sa définition, toujours ouverte et en tension interne.



[1] Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat social (1762) et Lettres écrites de la montagne (1764).
[2] Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, article 2.
[3] « Il n’est pas vital pour moi que ce soit cette idée qui l’emporte et j’abandonne volontiers le triomphe à la majorité… Du reste, voter pour la justice ne signifie pas agir en sa faveur. » (Thoreau, Résistance au gouvernement civil, Le Mot et le reste, p.27). « Quant à recourir aux moyens procurés par l’État pour remédier au mal, je ne veux pas les connaître. Ils demandent trop de temps et une vie d’homme n’y suffirait pas. » (Ibid., p.31)
[4] « … les hommes pensent qu’il vaudrait mieux attendre qu’ils aient persuadé la majorité de les modifier. Ils pensent que s’ils offrent une résistance, le remède risque d’être pire que le mal. Mais c’est la faute du gouvernement si le remède est pire que le mal. C’est lui qui le rend pire. » (Ibid., p.30)
[5] Cette première partie doit beaucoup à un article de Robin Celikates : « La désobéissance civile : entre non-violence et violence » (Rue Descartes 2013/1, n° 77, p. 35-51).
[6] John Rawls, Théorie de la justice (Points), p.405.
[7] Thoreau a démissionné de son poste d’instituteur en 1937, refusant d’infliger des châtiments corporels à ses élèves ; mais il ne s’agit pas encore de désobéissance civile.
[8] « La seule obligation qui m’incombe est de faire à tout moment ce que je considère être le bien. » (Thoreau, op. cit., p.23). On pourrait s’interroger sur le cas de Louis Lecoin (1888-1971), non répertorié généralement parmi les désobéissants civils et dont l’action n’est pourtant pas restée individuelle. Que son nom soit attaché au statut des objecteurs de conscience, obtenu en 1963 après tant de luttes, explique-t-il cette omission ?
[9] On pense à NIMBY (« Not In My BackYard ») luttant, au nom du confort de groupes de résidents, contre des projets locaux d’intérêt général ; dans ce cas, l’absence d’ouverture vers l’intérêt général interdit de parler de « désobéissance civile », si l’on respecte la construction historique de la notion… à moins d’une absolutisation de l’intérêt particulier confondu avec le sens de la justice ? Mais considérons par ailleurs la lutte contre l’extension du camp militaire par les paysans du Larzac, entre 1971 et 1981 ; dans ce cas la convergence des luttes a permis une « guerre d’usure » allant, au contraire de NIMBY, bien au-delà des intérêts particuliers initialement à défendre.
[10] Rawls, op. cit., p.106-107.
[11] Thoreau, op. cit., p.41.
[12] Ibid., p.33.
[13] Platon, Apologie de Socrate, 32b-32e. En 406 avant J.-C., Socrate alors prytane refuse la procédure illégale de jugement collectif des généraux ayant conduit la bataille des Arginuses. En 404 avant J.-C., sous les Trente, il refuse d’obéir à l’ordre d’arrêter un proscrit.
[14] Voir le débat sur le choix de l’adjectif, « civique » ou « civile », accolé à la désobéissance, cf. J. Bové et G. Luneau, mais aussi E. Balibar défendant « civique » pour la connotation citoyenne, politique, par opposition à la morale, versus J.-M. Muller défendant « civile » pour insister sur la civilité par opposition au caractère criminel. Songeons, en 1996, à l’« appel à la désobéissance civique » lancé par plusieurs personnalités du cinéma.
[15] Voir les difficultés soulevées par la common decency orwellienne. Cette « décence ordinaire », justesse morale et esthétique que l’écrivain lisait dans le comportement moral des prolétaires, fait parfois l’objet de récupérations douteuses dès lors qu’elle se ramène à un dogme incarné par un groupe d’individus, voire un leader.
[16] Thoreau, Plaidoyer pour John Brown (1859), in « De l’esclavage. Plaidoyer pour John Brown » (Fayard, 2006).
[17] Robin Celikates, op. cit., p.47.
[18] Ibid., p.48.
[19] Hannah Arendt, « La désobéissance civile » in Du mensonge à la violence (Calmann-Lévy, 1972).
[20] Le cri de l’accusée défendue par Gisèle Halimi, « Ce n’est pas moi qui suis coupable, c’est la loi ! » est à cet égard particulièrement éloquent.
[21] Il avait déposé, dès 2002, une proposition de loi pour le droit à l’adoption par les personnes de même sexe.
[22] On trouve un grand nombre d’exemples de ce type dans l’article d’Albert Ogien : « Opposants, désobéisseurs et désobéissants » (Multitudes 2010/2, n° 41, p. 186-194).
[23] Thoreau, op. cit., p.31.
[24] Pensons par exemple à la Sea Shepherd Conservation Society, fondée en 1978 par Paul Watson, ancien de Greenpeace, pour lutter contre la chasse aux créatures marines ; cette ONG attaque au besoin les navires de pêcheurs, ce que proscrit résolument Greenpeace au nom de la non-violence.
[25] Voir Claude Lefort, L’Invention démocratique (Fayard, 1981), sur la démocratie comme expérience historique de l’indétermination de ses repères.
[26] Manuel Cervera-Marzal, Les nouveaux désobéissants : citoyens ou hors-la-loi (Le Bord de l’eau, 2016).






 [ED1]

vendredi 21 juillet 2017

Pétition pour l'ouverture aux réfugiés de l'ancien Hôpital Saint Roch à Nice

À Nice, la situation des demandeurs d’asile est critique.

Ils arrivent, seuls ou en famille, en provenance de la frontière italienne, souvent par la Roya mais pas toujours, sans aucune prise en charge par les pouvoirs publics le temps de leurs démarches administratives pour faire valoir leurs droits.
Les premiers besoins relèvent des conditions d’accueil minimales dues à tout être humain : eau, nourriture, hébergement.

Les autorités nous invitent à orienter les demandeurs d'asile vers les centres d'accueil de nuit en téléphonant au 115. Mais les places étant limitées, quand des réfugiés dorment dans ces accueils, des SDF restent à la rue et nous refusons d'alimenter une détestable concurrence dans la misère. 
Dans le même temps l’ancien Hôpital Saint Roch reste inoccupé. Et si des projets d’aménagements sont en cours (crèche, commissariat) ils ne couvriront pas les 29 900 m2 du site.
Nous demandons au Maire de Nice, Christian Estrosi, d’ouvrir le site de l’ancien Hôpital Saint Roch à Nice pour y accueillir dignement et humainement les demandeurs d’asile.

Nous avons, pour cela, lancé une pétition en ligne que je vous invite à signer et à diffuser le plus largement possible.

Les solutions existent, il ne manque que la volonté politique d'agir.

Pour signer la pétition, cliquez ici.

En comptant sur votre soutien et votre participation,

Fraternellement,

David Nakache

vendredi 2 juin 2017

La désobéissance civile en question, la presse en parle !

Nice Matin, 02.06.2017


Désobéissance civile : penser, agir, l'exemple de la Roya

Bonjour,

Après après le rassemblement contre l'extrême droite lors de l'entre-deux tours de la présidentielle, après le café-débat sur l'abstention, le vote blanc et les nouveaux visages de la citoyenneté le 13 mai, notre association "Tous citoyens !" a le plaisir de vous inviter à un café-débat sur le thème :
 
"Désobéissance civile : penser, agir, l'exemple de la Roya"

avec

Florence Albrecht
(professeur de philosophie)

Mireille Damiano
(avocate, membre du Syndicat des Avocats de France)

Félix Croft
(citoyen solidaire)

Cédric Hérrou
(citoyen solidaire)

Vendredi 2 juin à 18h30
 
Au Théâtre des Loges
18 avenue Thiers à Nice


En comptant sur votre présence,

 
Pour l'équipe d'animation de "Tous citoyens !"
 
Fraternellement,

David Nakache
06.62.26.67.35

Demande d'audience au Préfet des Alpes-Maritimes

LETTRE OUVERTE

Demande d’audience à Monsieur le Préfet des Alpes-Maritimes
suite à la gestion dramatique des exilés à Nice les 24 et 25 mai 2017

Nice, le 30 mai 2017
            Monsieur le Préfet,

            Tous les jours, des exilés remontent la vallée de la Roya à pied dans des conditions de plus en plus difficiles pour arriver en France. Ils sont empêchés de quitter la vallée en raison de l'instauration depuis dix-huit mois de multiples points de contrôle dits points de passage autorisés qui se traduisent par des barrages.

            Cette situation a été largement dénoncée; un appel solennel a été lancé le 27 Avril 2017 par une coordination nationale regroupant Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières, la CIMADE, Amnesty et le Secours Catholique …. aucune réponse concrète à ce jour de la part des pouvoirs publics.

            Malgré le rappel qui vous a été fait par le Tribunal Administratif de Nice d'avoir à permettre l'accès au droit d'Asile, les demandes ne peuvent se faire qu'au "compte-gouttes" et par l’intermédiaire de l'Association Roya Citoyenne.

            Devant l'afflux massif d'exilés dans la vallée de la Roya et l'impossibilité pour les citoyens d'héberger un nombre grandissant de personnes, lesquels se substituent ainsi aux obligations de l'Etat, quelques 90 personnes ont été acheminées par train à Nice le mercredi 24 Mai 2017, afin qu'elles puissent faire les premières démarches administratives auprès de la plateforme d'accueil des demandeurs d'asile (PADA) assurée par FORUM REFUGIES, accompagnées par des bénévoles.

                Seules 24 personnes ont pu être reçues le 24 Mai, mais aucune solution d'hébergement temporaire n'a été proposée par les pouvoirs publics aux autres.

                Bien plus, les personnes en attente d'être reçues le vendredi, à la rue et sans abri, ont été harcelées par les forces de police, de jour comme de nuit; la seule réponse face à des personnes coopératives et des responsables d'associations en recherche de solutions a été l’envoi de 8 cars de CRS munis de fusils d'assaut !!  

                Mais pire encore, six personnes contrôlées et interpellées mercredi soir à Cannes, bien que porteuses du document remis par FORUM REFUGIES le jour même par application des dispositions des articles L 741-1 et L 744-1 du CESEDA, mentionnant le rendez-vous pris au guichet unique en Préfecture de Nice, ont été irrégulièrement retenues dans un lieu privatif de liberté et ... refoulées à pied tout aussi irrégulièrement en Italie, les documents étant confisqués et déchirés par la police.

                Ces exactions sont une honte et instructions doivent être données d’urgence pour que cela cesse.

                Nous ne pouvons passer non plus sous silence que quotidiennement, des demandeurs d’asile, des familles avec des enfants en bas âge, dans l’attente d’être reçus en Préfecture et donc ne bénéficiant d’aucune prise en charge, se trouvent à la rue et totalement démunis.

            Nous, associations ci-dessous,  pour que la situation des demandeurs d’asile soit gérée de manière sensée, concertée, conforme aux valeurs républicaines et à la Loi, vous demandons audience afin que ne se reproduisent plus une gestion et un accueil des personnes les plus vulnérables aussi indignes de notre République.

            Dans l'attente, veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de notre respectueuse considération.

            Signataires :
SAF (Syndicat des Avocats de France) – LDH (Ligue des Droits de l’Homme) Nice et PACA – Médecins du Monde – Médecins sans Frontières – CIMADE 06 – MRAP 06 – Emmaüs Côte d’Azur – CCFD Terre Solidaire 06 – Pax Christi Nice – ADN (Association pour la Démocratie à Nice) – FSU 06 – UD CGT 06 – CGT FEAM - Citoyens Solidaires 06 – ROYA CITOYENNE – Tous citoyens


            Soutiens :
Mgr Jacques GAILLOT, évêque – Georges GUMPEL, pour le bureau national de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix) – Marie-Christine VERGIAT, députée européenne – Michèle RIVASI, députée européenne – Jean-Marc LEVY-LEBLOND, Professeur émérite Université de Nice, physicien  - Irina BROOK, artiste – Etienne BALIBAR, Philosophe – Jean-Marc SALMON, sociologue – Sophie WAHNICH, historienne – Arié ALIMI, Avocat – Antoine COMTE, Avocat – Françoise COTTA, Avocate – Olivier LONG, artiste peintre, maître de conférence Paris Sorbonne – Harry BERNAS, physicien – Eric FASSIN, sociologue, professeur Université Paris VIII – Laurent BINET, écrivain – Jacques TESTART, biologiste chercheur – Olivier LE COUR GRANDMAISON, politologue

lundi 8 mai 2017

Élections présidentielles, et après ?

Nous avons fait barrage à l'extrême droite et le pire est évité. 

Il est temps de nous rassembler et d'échanger librement, de tirer les leçons de la séquence politique que nous venons de vivre et de repenser notre engagement citoyen, nos priorités, nos modalités d'actions

Rendez-vous pour un café-débat sur le thème :


"Élection présidentielle, et après ?"


Samedi 13 mai à 15h00


Au Sun Sea, 3 rue Valperga à Nice


L'équipe d'animation de "Tous citoyens !"

mercredi 26 avril 2017

Rassemblement contre l'extrême-droite

Parce que nous refusons la banalisation de la xénophobie et du racisme,
Parce que nous souhaitons alerter sur les dangers que représente le FN pour les libertés fondamentales et les droits sociaux,
Nous appelons à un :

Rassemblement citoyen contre l'extrême droite

Dimanche 30 avril à 15h, 

place Garibaldi à Nice

Premiers signataires : Les Amis de la démocratie, Le PCF06, le PG06, EELV06, le MRAP06, RESF06, Roya Citoyenne, Le SAF et Tous citoyens !

jeudi 6 avril 2017

Nutrition et santé : les enjeux du bio dans les cantines

Alors que garantir une alimentation saine et non polluée à nos enfants est une urgente nécessité, les freins et obstacles se multiplient (mercantiles, politiques, sociétaux).

Après nos débats sur l'intégration, le revenu universel, la prévention de la récidive en prison ou la sortie des réseaux prostitutionnels, l'association "Tous citoyens !" a le plaisir de vous inviter à un café débat sur le thème :

"Nutrition et santé : les enjeux du bio dans les cantines"

Vendredi 7 avril à 18h30 

au Théâtre des Loges, 18 avenue Thiers à Nice 

Avec la participation de :

Docteur Martine GRIMALDI, gynécologue obstétricienne.
Spécialiste de l'impact de l'environnement chimique sur la santé humaine, elle est intervenue depuis longtemps sur la nécessité d’une alimentation bio dans les cantines.
Le Dr Grimaldi nous exposera l’urgente nécessité d’une alimentation non polluée pour nos enfants.

Mari-Luz HERNANDEZ NICAISE, Pr émérite de l’université de Nice (Biologie et Biotechnologie).
Elle présidait la Commission d'Appels d'Offres de Nice lors de la reprise en régie des cantines scolaires et a pu aider à une forte progression de l’offre bio dans les cantines de Nice
Elle nous donnera les clés pour déchiffrer les différents labels et nous expliquera comment aboutir à des menus bio ainsi que les freins institutionnels, mercantiles et sociétaux à cette « montée » du bio

Modérateur : Richard DESSERME

Après les interventions de nos deux invitées nous prendrons le temps de l'échange et du débat sur ce sujet afin d'envisager les modalités d'actions possibles.

En espérant votre présence,

L'équipe d'animation de "Tous citoyens !"

lundi 13 février 2017

Tous citoyens, tous délinquants solidaires !

"Tous citoyens !" est signataire de "Délinquants solidaires", parmi plus de 350 organisations associatives ou syndicales qui se mobilisent, partout en France, contre le délit de solidarité.

Tous citoyens, tous Délinquants solidaires : lisez, signez, agissez !

http://www.delinquantssolidaires.org/

dimanche 12 février 2017

RASSEMBLEMENT POUR THEO ET LES AUTRES VICTIMES DE VIOLENCES POLICIERES

RASSEMBLEMENT POUR THEO ET LES AUTRES VICTIMES DE VIOLENCES POLICIÈRES

A l’initiative des organisations suivantes (premiers signataires) : ADN, AFPS 06, Agir Contre le Racisme, les Amis de la démocratie, les Amis de la Liberté, EELV 06, Ensemble! 06, FSU 06, Ligue des droits de l'Homme Nice et Cannes-Grasse, Habitat et citoyenneté, Mouvement pour la paix 06, MRAP 06, Nuit Debout Nice, PCF 06, Parti de Gauche 06, Planning Familial 06, RESF 06, Roya citoyenne, le Syndicat des Avocats de France, Thalès, Tous citoyens !

Les faits qui se sont produits à Aulnay-sous-Bois sont graves.

Le déni par les autorités policières, les déclarations racistes qui en ont suivi sont inacceptables. Inacceptables pour les premiers visés, qui supportent quotidiennement des contrôles dont chacun sait qu’ils n’ont qu’un très lointain rapport avec la réalité de la délinquance.

Inacceptables pour toutes celles et ceux qui souhaitent bénéficier d’une police respectueuse des personnes et de leurs droits, garante des libertés et de la sécurité publique.

Inacceptables, enfin, pour la police elle-même, dont l’honneur est entaché par ces comportements.

Lorsque des agents ayant autorité outrepassent leurs droits et violent ceux des autres, ils menacent le pacte républicain qu’ils sont chargés de défendre.

Les faits qui se sont déroulés à Aulnay sont d’une exceptionnelle gravité. Mais ils sont loin d’être isolés. Il est temps d’y porter un coup d’arrêt, temps de réaliser qu’au-delà des faits incriminés, c’est l’ordre public lui-même qui est mis en cause, et, avec lui, la sécurité de toutes et tous.

Nous rappelons avec force que la loi puise sa force dans le fait qu’elle vaut pour tous et que la République n’a d’avenir que dans le respect de sa devise.

C’est pourquoi nous appelons toutes celles et ceux qui ont à cœur les valeurs d’humanité, toutes celles et ceux qui veulent opposer l’égalité et la fraternité au racisme et au mépris social, toutes celles et ceux qui jugent urgent de rétablir la confiance entre les citoyens et les forces de l’ordre, à se rassembler samedi 18 février 2017 à 15h, place Garibaldi à Nice, en soutien à Théo, contre des dérives policières auxquelles il faut porter un coup d’arrêt.

Nous appelons le gouvernement à prendre la mesure de la gravité des événements et à prendre en compte les propositions portées par la société civile en matière de lutte contre le racisme et de sécurité publique.

Rassemblement à Nice

samedi 18 février 2017 à 15h 

Place Garibaldi.



Venez nombreux !